Prix Pinocchio : les votes sont ouverts !

Publié le par Agnès

Les Amis de la Terre viennent de lancer les Prix Pinocchio du développement durable et appellent le public à voter largement pour élire les entreprises dont le discours est faussement "développement durable" au regard de leurs activités réelles.

Le concept de développement durable, comme "mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs", fait désormais partie du langage courant grâce à l'engouement nouveau pour la protection de l'environnement, la défense des droits humains et une plus grande solidarité internationale... sauf que beaucoup d'entreprises figurant parfois parmi les plus puissantes au monde, l'ont malheureusement récupéré à des fins purement cosmétiques. Un discours engagé sur le développement durable est ainsi souvent utilisé pour masquer les impacts réels de leurs activités, tout en améliorant leur image auprès des clients et actionnaires.

C'est ce que l'on appelle le greenwashing.

Grâce aux éco-sapiens, rappelons ce qu'est le greenwashing :
Apparu en 1991, le terme connaît un véritable succès et attend encore sa traduction française...

Le terme Greenwashing désigne toute communication insistant sur les vertus écologiques d'une entreprise, d'un produit, d'une pratique bien que cela ne coïncide pas avec la réalité.

Les trois problèmes du Greenwashing

1 - La falsification

Parfois, il s'agit d'une véritable opération de communication, parfois d'une ambiguité, d'un glissement sémantique. Par exemple, qu'est-ce que l'UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes) dont le site internet fait si "nature" ? Il s'agit simplement de l'union des fabricants de pesticides dont le message est pourtant on ne peut plus clair: Comment imaginer un monde sans pesticides ?

2 - La relativisation

Bien sûr, il est très difficile de décréter ce qui est du greenwashing et ce qui n'en est pas. Le bloc béton est-il écologique ? Cette lessive est-elle verte pour la simple raison que l'emballage a diminué (vraie communication de Unilever sur une lessive plus concentrée) ? Une voiture peut-elle être écologique ?

Les grands pollueurs font valoir leurs bonnes intentions en répétant que ce qu'elles font est mieux qu'avant, moins pire que leur concurrent. Les groupes de pression environnementaux critiquent l'aspect dérisoire de ces avancées. Et il faut bien donner raison aux deux parties. Car comment encourager les bonnes pratiques dans le monde industriel sans leur donner la possibilité de communiquer dessus ?

3 - Le scepticisme

Enfin, il y a le greenwashing involontaire, c'est à dire l'utilisation de symboles et de logos qui laisseraient croire à une plus-value environnementale. Ainsi, le pictogramme "point vert" restera longtemps associé à l'idée que l'emballage est recyclable. Rappelons qu'il signifie que l'entreprise cotise à eco-emballages.

Le risque est surtout de lasser le consommateur. Perdu au milieu de plus en plus d'initiatives qui prétendent être écologiques, il pourrait succomber à la tentation de l'incrédulité systématique... ou devenir vert de rage  !

Voilà, maintenant que le concept est rafraîchi, vous allez pouvoir voter pour décerner les Prix Pinocchio dans les trois catégories proposées :

Petit clic sur la photo pour accéder au vote

- Droits humains, remis à l'entreprise ayant perpétré les violations les plus graves des droits humains (y compris les droits sociaux, salariaux et sociétaux) : Suez, Louis Dreyfus, Société Générale et Alstom

- Environnement, remis à l'entreprise ayant généré les impacts environnementaux les plus lourds : Total, Areva, BNP Paribas et Crédit Agricole

- Greenwashing, remis à l'entreprise ayant mené la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles : CNIM, Areva, Total et Renault.

Sur le site, un petit encart revient sur les raisons pour lesquelles chaque entreprise a été choisie et renvoie vers d'autres liens.

Vous avez jusqu'au 17 décembre pour voter !

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Commenter cet article

Rodolphe 13/11/2008 09:43

Il y a un dossier sur le sujet dans le numéro de novembre de l'expansion qui confronte la communication des grands groupes à la réalité de leurs actions. Il y aurait 4 catégories :- Les bluffeurs (Alstom, Alcatel-Lucent)- Les flambeurs (l'Oreal, BNP-Paribas)- Les indifférents (Arcelor, Lagardère)- Les Vertueux (Essilor, Michelin)

Charlyjos 12/11/2008 20:47

Malheureusement le développement durable finira lui aussi un jour par détruire complètement l'écosystème planétaire car la Terre est d'un volume limité. C'est comme un vase que l'on rempli d'eau, même avec un goutte à goutte, un jour le vase débordera. La solution est plutôt la croissance zéro ou carrément la décroissance. Mais qui acceptera cela?

nonolerobot 12/11/2008 19:03

je suis allée voter, mais pas pour la partie droits humains, impossible de choisir quand l'humanité est remise en cause, tout se vaut largement.

Stéphane 12/11/2008 15:58

Traduire greenwashing, je ne sais pas. Par contre un lavement bien profond aux piments verts nul doute qu'ils en ont besoin.