Le jour du ramassage des pommes de terre

Publié le par Agnès

J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer notre collaboration avec des producteurs bio locaux.
Pour faire court et simple, nous avons participé à la création d'une association nommée AGAPES (Association pour Garantir une Agriculture Paysanne Equitable et Solidiare) ici, à Libourne avec quelques copains voilà près de trois ans.

Parmi les principes inscrits dans la charte, il y a le coup de main à donner au producteur en cas de travaux urgents nécessitant des bras. 
Le samedi 23 septembre étant un jour à racines je sais, ça vous avait totalement échappé mais certainement pas à Olivier notre producteur de légumes dont l'oeil reste rivé en permanence sur son calendrier biodynamique c'était ce jour-là et pas un autre qu'il convenait de ramasser les pommes de terre.

Donc, hier matin à l'heure où blanchit la campagne, direction son patelin en Dordogne pour la session de ramassage.
Ai-je besoin de préciser que c'était une grande première pour moi : c'est très logiquement que j'ai commis à peu près toutes les erreurs qu'il était possible de commettre.
Parce que la première constante à laquelle j'aurais dû m'attacher était le facteur pluie. Quinze jours sans une goutte et un grand soleil, la veille, journée estivale, mais bien sûr, samedi matin la flotte, fine, serrée, transperçante, l'idéal quand on est dessous pour attraper la crève.

C'est seulement après avoir passé la matinée à prendre l'eau (j'avais quand même pensé aux K-Ways) que m'a effleurée l'idée que des vêtements de rechange secs seraient les bienvenus. Point de vêtements de rechange, pas plus que de serviettes d'ailleurs pour s'essuyer.
Comme je n'avais pas pris d'autres chaussures pour moi non plus, j'ai vraiment béni l'inventeur du Goretex qui m'a au moins permis de ne pas avoir mes petits petons tout humides. En revanche, les chaussures de rando dans l'argile détrempée, au bout d'un moment ça pèse des tonnes !!!

S'il n'y avait pas eu la pluie, cette session de ramassage aurait été parfaite : le grand air de la campagne, la sensation d'accomplir une action utile, les copains autour...

Heureusement vint le pineau-bio-fait-maison-de-Jacky qui le servait très simplement le verre à ras-bord.
Comme il tenait absolument à ce que l'on goûte le rouge ET le blanc, après un bon demi-litre du tout, on oubliait complètement la pluie, le tee-shirt et le sweat mouillés au niveau des épaules, les mains pleines de terre lavées sur les feuilles des chênes... tout allait de nouveau très bien.
Quand Jacky a sorti son eau-de-vie-bio-faite-maison-tirant-les-100-degrés j'ai même pas réagi...

Pour éliminer l'alcool terminer la journée, nous avons suivi Jacky dans son chai pour faire le plein de pineau Olivier dans son jardin extraordinaire, celui où il produit les merveilleux légumes de nos paniers du mercredi.

Et là, j'ai eu un coup de foudre pour les choux.
Jamais je n'aurais pensé que des choux puissent proposer un tel camaïeu de couleurs, ce n'étaient plus des légumes que nous avions sous les yeux mais une véritable composition artistique avec un panel de couleurs, de formes et de structures extrêmement diversifié. Magique !!!


Quelques petites photos de cette journée dans un album sur le côté.

Publié dans AGAPES

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Stéphane 24/09/2007 21:22

On n'imagine pas, nous occidentaux de plus en plus éloignés de la nature, ce qu'elle peut nous réserver comme surprises. Les produits standardisés de la puissante industrie ago-alimentaire qui ne cherche pas à nous nourrir correctement, nous ont réduit le champ précieux des possibilités visuelles et gustatives. Le lobby de la malbouffe nous présente toujours les mêmes produits en détruisant le vivant. Cette journée était une bouffée d'air vitale que je recommande à tous ceux qui veulent ouvrir encore leur esprit, ceux qui savent sans y croire vraiment, ceux qui ne font que l'imaginer tout en sachant que ça existe et les sceptiques qui envient ceux qu'ils croient être de doux rêveurs. Je suis heureux d'avoir pu entrer dans ce monde infime mais riche et d'avoir pu en faire profiter ma fille avant qu'elle ne goute son premier hamburger et ne le vomisse illico. Et généralement l'un n'allant pas sans l'autre nous étions entourés de gens sympathiques, ouverts et généreux......surtout avec le tord-boyau final.

Agnès 24/09/2007 16:52

Je t'avouerai que j'ai eu un peu la même réaction que toi en voyant le maïs, mais il n'y a vraiment aucune crainte à avoir quand on connait celui qui les produit.Donnant-donnant, ça me va ;-)

Hana 23/09/2007 22:43

Tout bio qu'il est, le maïs bicolore fait un peu peur quand même... :/Elle semble vraiment très sympathique, cette cueillette. Et puis vous aviez quand même l'air bien équipés ;)Pour l'indice du jeu-mystère, c'est donnant-donnant lol...