Ceux qui me connaissent dans la vraie vie savent bien qu'on ne peut pas m'imaginer plus à ma place qu'à construire les nouveaux
aménagements d'une maison pour cochons en l'occurrence ceux de Gérard et Myriam, nos producteurs bio.
Mais, bon, c'est pour LA Cause, ils ont besoin de mes petits bras, je m'appesantis pas sur le meilleur endroit où me trouver, je fais ce qu'on me demande.
Même si ça implique de se lever avant l'aube un dimanche matin, de rouler jusqu'au au fin fond du département et bien entendu de passer la journée en compagnie de cochons mais, non, Thierry et
Bruno, enfin, il n'est nullement question de vous à effectuer des travaux de manutention.
Autant je m'étais débrouillée comme une bleue lors de notre dernière journée dédiée à LA Cause -ici- autant cette fois, pas
question d'être prise en défaut.
Donc, déjà, bottes en plastiques pour moi, mais impensable de porter ces vilaines bottes vertes même au
milieu des cochons, on doit savoir garder un minimum de féminité.
J'avais bien pensé aux serviettes aussi mais pas mes serviettes en bambou parce que pour s'essuyer, c'est un peu plus efficace qu'un vieux mouchoir en papier.
Bon, il se trouve que cette fois, de la pluie il n'y en eu point, on aurait même plutôt eu un peu chaud !
Ce qu'il aurait été plus judicieux de prendre hier c'était de la crème solaire, vu qu'on est rentré avec le visage rougi de légers coups de soleil.
Arrivés sur place, dans un grand champ près duquel paissait un troupeau de moutons et étrangement aucun cochon à
l'horizon j'ai réalisé que cette journée serait un peu plus "tonique" qu'initialement envisagé.
C'est à ce moment que j'ai fait la relation avec les masses qu'il avait fallu amener.
Ceux qui me connaissent dans la vraie vie savent aussi qu'on ne peut pas m'imaginer plus à mon aise qu'avec une masse dans les
mains en train d'essayer d'enfoncer des piquets plus hauts que moi pour certains dans la terre. Quand j'ai réalisé que je n'avais pas d'issue et que surtout les autres filles la
maniaient très bien la masse, je me suis lancée : aaaaaaarrrrrrrrrrrggggggghhhhhh !!!!!
Autant l'avouer, la masse c'est pas trop mon truc ! C'est lourd, ça t'arrache les bras quand tu la soulèves, ça tape jamais au
bon endroit, ça retombe à deux centimètres de ton pied et surtout c'est lourd.
Mais, bon, j'ai un minimum d'amour-propre et de fierté, donc je l'ai maniée la masse ce qui explique sûrement pourquoi
à l'heure actuelle je ne sens plus toute la partie de mes bras allant de l'épaule au poignet et que je ne peux rien soulever excédant 20g.
Facile, pensais-je sottement ! Parce que beaucoup plus fourbe que la masse, il y a les clous qui refusent de s'enfoncer dans le bois trop dur, surtout quand le marteau utilisé n'est pas adéquat.
Vers mon quatrième clou je me suis donné un très énergique coup de marteau sur le pouce gauche ce qui explique sûrement
pourquoi à l'heure actuelle je n'ai toujours pas recouvré son utilisation. Comme je reste toujours très retenue dans la douleur je suis allée hurler des jurons au milieu du champ
en pensant que j'allais m'évanouir et retrouver mon ongle détaché de mon doigt quand je reprendrai mes esprits me suis écartée du groupe pour attendre sereinement que la douleur
passe.
Après avoir cloué une petite trentaine de mètres de grillage, Gérard est venu nous annoncer que nous l'avions mis à l'envers
parce que dans le grillage à moutons, il y a un haut et un bas, parfaitement en précisant que les agneaux pouvaient se faufiler dans les larges ouvertures que nous avions placées
en bas.
Mais pourquoi nous parle-t-il d'agneaux m'interrogeais-je, puisqu'on construit un truc pour ses cochons. Ce n'est qu'un peu
plus tard dans la matinée que j'ai enfin compris que ce que nous faisions était destiné aux moutons, ce qui expliquait le grillage à moutons et la nécessité de le poser correctement pour
éviter la fuite des agneaux et surtout l'absence totale d'animal à groin et à queue en tire-bouchon dans le secteur.
Légère défaillance au niveau de l'information initiale donc ! Merci qui ????
Un peu avant 14 heures mon calvaire travail prenait fin et nous avons pu passer à l'autre partie de la journée qui consistait à boire, manger et faire enfin une petite visite aux
cochons.
Une table généreusement couverte de vin et de cochonnailles nous attendait.
Premier repas de l'année pris dehors, sous un grand soleil, le 17 février, tout va bien !
Rien de tel en tous cas que ce genre de moment pour filer au lit faire une sieste bien méritée pour refaire le plein de cholestérol d'énergie : des mets
délicieux dans l'assiette, un grand moment de partage et de solidarité avec des personnes qui ont en commun des valeurs identiques...
Et enfin vint la rencontre avec les cochons !
En bonne citadine que je suis, j'avais l'appareil photo greffé dans la main, m'extasiant devant le spectacle de la nature porcine.
Et ben, vous savez quoi ?
Ils semblaient heureux ces cochons.






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